Institut des Frères des Écoles Chrétiennes
L'Institut en France
Cette page d'histoire développe le dossier historique
de
"La Salle Liens International".
L'histoire de l'Institut est présentée par ville.
Voir la page sur
- Alès
- Bayonne
- Besançon
- Saint-Denis
|
Marseille : trois siècles de présence tourmentés
L’histoire des Frères à Marseille peut être
considérée comme emblématique de l’histoire de
l’Institut : une succession de périodes de création,
d’anéantissement, de recréation.
La vitalité lasallienne
trouve sans cesse de nouvelles expressions…
Les notables de la ville sollicitent Jean-Baptiste de La Salle et les Frères
pour tenir une école gratuite pour les enfants pauvres du port. Nous
sommes en janvier 1706 : deux Frères prennent en charge l’école
située sur la paroisse Saint Laurent. Dès avril, elle compte
200 élèves ; il est question de confier aux Frères
les quatre autres écoles de la ville.
Un siècle de fondation
Jean-Baptiste de La Salle visite les écoles en 1711 et il demeure plusieurs
mois à Marseille en 1712-1713. Sa présence suscite bientôt
des critiques : on l’accuse de mal gouverner et administrer.
En fait, la source du conflit est la question du jansénisme :
il s’est déclaré ouvertement contre. Ses adversaires découragent
les novices et les Frères eux-mêmes. Mais le curé de Saint
Laurent lui garde sa confiance : l’école est maintenue.
Au cours du 18ème siècle, une vingtaine d’écoles
sont créées. Ainsi, en 1727, l’école de la montée
des Accoules (aujourd’hui, Notre-Dame de la Major), en 1759, un pensionnat
boulevard de la Corderie qui prospère très vite (aujourd’hui,
lycée des remparts).
À la veille de la Révolution française, les écoles
des Frères sont implantées dans plusieurs quartiers de la ville
mais dès 1792, la municipalité réclame l’expulsion
des Frères ; l’Assemblée législative supprime
les congrégations religieuses. Beaucoup de Frères se réfugient
en Italie.
…et un siècle de refondation
En 1818, à la demande des autorités civiles et religieuses,
les Frères reviennent à Marseille ; sous la responsabilité du
Frère Euloge, ils ouvrent une école rue Puget. En 1820, les
Frères tiennent 5 écoles qui comptent 1 300 élèves.
Dès 1823, l’école et pensionnat de la rue Nau voit le
jour. En 1835, le nombre d’élèves des écoles atteint
2 700. Cette année-là, deux Frères directeurs meurent
au cours de l’épidémie de choléra.
Pendant la seconde moitié du siècle, plusieurs
créations
originales se succèdent : une école de mousses sur un bateau-école, écoles
du soir pour des adultes et des apprentis, écoles de maîtrise
pour assurer le service des enfants de chœur, ouverture
du pensionnat Sainte Marie en 1861, rue Saint Charles (il sera appelé Pensionnat
Saint-Charles et deviendra, après le départ des Frères,
le lycée régional Saint-Charles, ce qu’il est encore aujourd’hui).
« Si
j’avais un lycée à construire, je prendrais votre établissement
pour modèle. » écrit Victor Duruy, Ministre de l’Instruction
publique de 1863 à 1869…
Dans cette période, le projet
de Jean-Baptiste de La Salle de créer à Marseille des
maisons de formation se réalise : 1853 ouverture d’un noviciat,
1881, ouverture d’un scolasticat…
C’est en 1886 que les
Frères achètent « La Calade » et y installent
les maisons de formation et une maison de retraite.
Le temps des passages
Avec la suppression des congrégations enseignantes, les écoles
de Marseille sont fermées les unes après les autres entre 1904 et 1906 et
tous les biens sont spoliés. Seule reste La Calade et les Frères âgés
continuent à y résider. Ils y seront jusqu’au transfert
de la maison de retraite à Pont-Saint-Esprit (Gard).
C’est après la première guerre, en
1919, que des Frères
reviennent à Marseille et ouvrent l’école de la rue Nau ;
celle-ci est transférée rue Blanqui en 1938 ; on lui donne
alors le nom du fondateur : école de La Salle ; elle sera
fermée en 1956. En 1958, pour une trentaine d’années,
les Frères se voient confier de nouveau l’école des Chartreux.
Une figure de l'histoire de Marseille :
Frère Joseph Seymard (Trivier)
Il est nommé responsable (« Visiteur »)
de la province de marseille en 1939. C’est déjà la
guerre et bientôt les soldats allemands vont occuper La Calade.
En août 1944, quand les troupes françaises reprennent
Marseille, le Frère Seymard est chargé de porter l’ultimatum
du Général de Monsabert au dernier Général
allemand qui résistait encore.
Avec le Frère Simbert, il effectue plusieurs navettes entre
les États-majors et, finalement, il obtient la reddition
du Général allemand. Sa médiation permit
la fin de la guerre à Marseille, avec le minimum de destructions.
En reconnaissance de leurs interventions, les Frères
Seymard et Simbert furent décorés de la Croix de Guerre ;
le Frère Seymard a été nommé Chevalier
et Commandeur de la Légion d’Honneur. |

Dans les années 1960, la nouvelle institution
Saint-Bruno est en construction, place Edmond Audran.
Le nombre d’élèves augmente progressivement. Le collège
manifeste son appartenance à la tutelle lasallienne ;il prend
le nom de « Saint Bruno - La Salle » en
2006 et célèbre les trois siècles de l’Institut à Marseille.
« Aujourd’hui, nous œuvrons pour de nouvelles aventures éducatives
dans l’esprit de notre saint fondateur. » écrit le
Directeur du collège.
Frère Jacques Bultet
|